Épreuve

Compréhension des écrits

Niveau

B2

Durée

60 min

Barème

/25

Profiler un texte avant de le lire

Soixante minutes, trois exercices, vingt items. Une minute passée autour du texte, et votre première lecture vérifie au lieu de découvrir.

À la fin de cette leçon

  • Parcourir les quatre éléments du paratexte avant de lire la moindre ligne du corps du texte.
  • Tirer du chapeau le Quoi, le Qui et le Quand, puis nommer le thème en une phrase.
  • Profiler une source à partir du titre de presse, de sa périodicité et de son auteur.
  • Classer un titre dans l'une des sept rubriques de la presse en cinq secondes.
  • Distinguer un titre neutre d'un titre engagé grâce à trois marqueurs lexicaux.

L'épreuve de compréhension des écrits vous propose trois exercices en soixante minutes. La plupart des candidats attaquent au premier mot du corps du texte et descendent d'une traite. Ils découvrent ensuite les questions sans rien avoir anticipé, puis relisent tout une seconde fois. C'est cette relecture qui mange l'heure.

Il existe une entrée moins coûteuse, et elle demande une minute par texte. Avant de lire une seule ligne, vous lisez ce qui entoure le texte. Cette leçon vous donne les quatre éléments à parcourir et une méthode pour profiler la source. Viennent ensuite les sept rubriques de la presse et les deux tons qu'il faut savoir séparer.

Une minute autour du texte

La compréhension des écrits dure 60 minutes et se note sur 25. L'exercice 1 propose un texte long avec 7 items à choix multiple, pour 9 points. L'exercice 2 propose un texte long argumentatif, là encore 7 items et 9 points. L'exercice 3 réunit trois textes courts et 6 items, pour 7 points. Il s'agit d'y rattacher chaque point de vue à la personne qui le défend.

Cela fait vingt items en une heure. Une répartition tenable : 18 minutes, puis 20, puis 12, et 5 minutes de relecture. La minute passée hors du texte n'est pas une minute perdue. Elle transforme votre première lecture en vérification au lieu d'une découverte.

Le paratexte, c'est tout ce qui est imprimé autour du corps de l'article. Quatre éléments y portent de l'information, et voici l'ordre dans lequel les prendre.

  1. Le titre. Il nomme le sujet, et souvent l'angle choisi. C'est le premier élément que vous confrontez aux questions.
  2. Les intertitres. Chacun résume la section qu'il ouvre, si bien qu'ensemble ils vous offrent le plan du texte sans effort.
  3. La source. C'est la ligne qui porte l'auteur, le titre de presse et la date. Elle a droit à sa propre section plus bas, car elle annonce beaucoup.
  4. Le chapeau. C'est le court paragraphe placé au-dessus du corps, le plus souvent en gras. Il résume l'article en deux ou trois lignes : rien n'est plus dense sur la page.

Du chapeau, tirez trois réponses et notez-les en marge. Quoi ? Ce qui se passe. Qui ? Les personnes concernées. Quand ? Depuis combien de temps cela dure. Ajoutez le Où et le Comment quand le chapeau vous les donne. Nommez enfin le thème dans une phrase courte, avec vos mots.

Paratexte type · article de presseCE · Exercice 1

LES VILLES QUI RACHÈTENT LEURS BOUTIQUES. Faute de repreneurs, une centaine de communes moyennes ont acquis les murs de leurs commerces de centre-ville pour les relouer à bas prix. Six ans après les premiers rachats, le bilan divise les élus. Camille Rousset, Le Courrier des régions, hebdomadaire, 14 mars 2024.

Trois réponses sortent de ce bloc en quelques secondes. Quoi : le rachat des commerces de centre-ville par les communes. Qui : une centaine de villes moyennes. Quand : depuis six ans. Un quatrième renseignement est déjà visible. La formule « le bilan divise les élus » annonce des positions opposées, donc attendez-vous à des questions sur qui pense quoi.

Point d’étape 1/4

0 / 3

Q1Quels quatre éléments forment le paratexte que vous parcourez avant le corps de l'article ?

Q2Qu'est-ce qu'un chapeau, exactement ?

Q3Quelles trois questions posez-vous au chapeau avant de commencer la lecture ?

Validé

Ce que la source annonce

Posez trois questions à la ligne de source. Chaque réponse installe une attente que vous emportez dans le texte.

D'abord, à quelle fréquence paraît le support ? Un hebdomadaire suit l'actualité et écrit vite. Un mensuel dispose de la place nécessaire pour une analyse longue, des chiffres et des études nommées. Un blog porte la voix d'une seule personne et, le plus souvent, une position assumée.

Ensuite, qui lit ce support ? Un magazine généraliste s'adresse à tout le monde et explique ses termes au passage. Une revue spécialisée vise un public averti et suppose que vous connaissez déjà le domaine. Spécialisé signifie un vocabulaire plus dense et davantage de détails techniques.

Enfin, qui signe l'article ? Un journaliste rapporte, cite plusieurs voix et s'efface. Un spécialiste raisonne à partir de son domaine, et la signature le précise en général : économiste, chercheuse en sciences sociales, médecin. Un expert reste rarement neutre, puisqu'on lui a justement demandé son avis.

Ce que dit la sourceCe que le texte va probablement offrir
Hebdomadaire d'actualité généraleUne écriture rapide, collée à l'actualité, des mots courants, les faits avant l'opinion
Revue mensuelle spécialiséeUne analyse développée, des termes techniques, des chiffres et des études nommées
Blog personnelUne seule voix, une position affichée, un ton engagé
Article signé par une chercheuse en économieDe l'expertise, une thèse défendue, un registre soutenu
Article signé par un journaliste, sans titreUn reportage, plusieurs voix citées, un auteur qui se tient en retrait

Rien de tout cela ne constitue un verdict sur le texte. C'est une hypothèse, et vous l'abandonnez dès que le corps du texte la contredit. Profiler ne vous dispense pas de lire : cela oriente la lecture.

Le geste rapporte deux fois dans cette épreuve. L'exercice 2 est argumentatif par construction, donc vous y cherchez une position plutôt que des faits. Et dans l'exercice 3, chaque texte court appartient à une personne nommée : le registre de chacun vous aide à ne pas confondre les trois intervenants.

Point d’étape 2/4

0 / 3

Q1La source indique : Revue de l'économie territoriale, mensuel, article signé par une chercheuse en économie. À quoi vous attendez-vous ?

Q2Pourquoi la signature d'un journaliste ou d'un spécialiste change-t-elle votre lecture ?

Q3Qu'est-ce qui sépare une revue spécialisée d'un magazine généraliste pour vous, lecteur ?

Validé

Sept rubriques, un seul titre

La presse française range ses pages en rubriques, c'est-à-dire en sections thématiques. Sept d'entre elles couvrent presque tout ce que l'examen vous soumet. Politique, Société, Économie, Environnement, Sciences, Culture, Sport.

Le geste prend cinq secondes. Soulignez les deux ou trois mots pleins du titre, puis rattachez-les à une section.

TitreRubrique
Le président annonce un remaniement de son gouvernementPolitique
Les Bourses mondiales reculent pour la troisième séanceÉconomie
Une équipe lyonnaise ralentit une maladie neurodégénérativeSciences
Les musées français courtisent les collectionneurs asiatiquesCulture
Le partage des tâches ménagères ne bouge plus depuis dix ansSociété
Vers l'interdiction d'un insecticide accusé de tuer les abeillesEnvironnement

Certains titres hésitent entre deux sections, et c'est normal. Une loi protégeant les mineurs en ligne relève de la Politique si l'article suit le vote. Elle relève de la Société s'il suit les habitudes des familles. Tranchez d'après ce que le texte fait du sujet, pas d'après les noms du titre.

Aucune question ne vous demandera de nommer la rubrique. C'est un raccourci, et voici ce qu'il vous rapporte. Nommer la section fixe le thème global en un mot, or la première question d'un exercice porte presque toujours sur ce thème global. Elle vous annonce aussi le champ lexical qui arrive, donc le vocabulaire vous surprend moins.

Point d’étape 3/4

0 / 3

Q1Quelle ligne nomme les sept rubriques de presse qui servent à classer un titre ?

Q2Titre : Le président annonce un remaniement de son gouvernement. Quelle rubrique ?

Q3Un titre sur une loi protégeant les mineurs en ligne peut relever de la Politique ou de la Société. Comment trancher ?

Validé

Ton neutre ou ton engagé

Deux tons comptent à ce stade. Le ton neutre rapporte, le ton engagé prend parti. Le titre annonce lequel arrive, et la formulation le trahit.

Trois marqueurs rangent un titre dans la colonne engagée. L'adjectif évaluatif juge la chose qu'il décrit : inapplicable, scandaleux, absurde. Le point d'exclamation, comme la question rhétorique, s'adresse directement au lecteur. Le mot de combat, lui, vous appelle dans un camp : contre, non à, halte à. Un titre neutre ne fait rien de tout cela. Il nomme le fait, donne un chiffre ou une date et s'arrête là.

Modèle · quatre titres, deux tons

  • La réforme de l'orthographe entre dans les manuels scolaires.

    Ton neutre. La phrase nomme le fait et s'arrête. Aucun adjectif ne juge la réforme, et le verbe se contente de rapporter ce qui a eu lieu.

  • Deux mille quatre cents mots concernés, moins de 4 % du lexique.

    Ton neutre. Ce sont les chiffres qui travaillent. Un titre qui vous tend un nombre vous propose une information, pas un camp à rejoindre.

  • Une réforme inapplicable qui dénature notre langue.

    Ton engagé. Deux mots évaluatifs portent toute la ligne. « Inapplicable » condamne la mesure et « dénature » l'accuse d'abîmer la langue : l'auteur a choisi avant même le corps du texte.

  • Non à la simplification de l'orthographe !

    Ton engagé. Une formule de combat et un point d'exclamation. Un titre qui appelle le lecteur dans un camp n'est jamais là pour informer.

Cette réforme existe bel et bien, et ses chiffres méritent d'être emportés à l'examen. La France a adopté une série de tolérances orthographiques en 1990, et les manuels scolaires les ont appliquées à partir de la rentrée 2016. Environ 2 400 mots sont concernés, soit moins de 4 % du lexique. La modification est mince et la querelle dure depuis trente ans.

Deux précautions avant de trancher. Un titre reste une hypothèse : c'est le corps du texte qui la confirme ou la démolit. Et un texte engagé peut très bien se cacher sous un titre parfaitement plat, ce qui arrive souvent à l'exercice 2.

C'est la question du ton, sous un autre habillage. Plusieurs questions de l'exercice 2 demandent ce que fait l'auteur : informer, dénoncer ou peser deux positions. Si vous lisez un texte engagé comme un texte neutre, vous choisirez la réponse « l'auteur informe » chaque fois qu'elle apparaît.

Point d’étape 4/4

0 / 3

Q1Quel titre porte un ton engagé ?

Q2Quelle paire nomme deux marqueurs lexicaux du ton engagé ?

Q3Le titre paraît neutre, mais le corps du texte attaque la mesure dès le premier paragraphe. Qu'en concluez-vous ?

Validé

À retenir

  • La CE dure 60 minutes pour 25 points : deux textes longs à 7 items, puis trois textes courts à 6 appariements.
  • Le paratexte d'abord, dans cet ordre : titre, intertitres, source, chapeau. Le chapeau donne le Quoi, le Qui et le Quand.
  • La ligne de source annonce le registre : hebdomadaire, mensuel ou blog, généraliste ou spécialisé, journaliste ou expert.
  • Sept rubriques couvrent l'épreuve : Politique, Société, Économie, Environnement, Sciences, Culture, Sport.
  • Adjectifs évaluatifs, points d'exclamation et mots de combat signalent un ton engagé. Les faits nus signalent un ton neutre.

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