ConsigneVous lisez cette chronique dans un magazine en ligne français. Répondez aux questions.
Et si on passait nos vacances à côté de chez nous ?
Chaque printemps, c’est la même conversation au bureau : « Et vous, vous partez où cet été ? » Pendant longtemps, j’ai répondu par le nom d’un pays lointain. L’an dernier, j’ai dit : « À quarante kilomètres de chez moi. » Ma voisine de bureau a cru que j’avais des soucis d’argent. Lucie, la stagiaire, m’a demandé si j’étais trop fatiguée pour voyager. Mon chef, lui, m’a félicitée de penser à la planète.
Aucun n’avait tout à fait raison. Je n’avais pas de dettes, je n’étais pas plus fatiguée que d’habitude et, je l’avoue, je n’avais pas pensé une seconde à la planète. Simplement, mes dix jours au Vietnam m’avaient coûté six mois d’économies, et j’avais décidé que c’était trop. C’est le prix qui m’a fait changer, rien d’autre.
J’ai donc loué une petite maison au bord d’une rivière que je longeais en voiture depuis des années sans m’arrêter. La première semaine, j’ai fait comme à l’étranger : j’ai tout visité à vélo, le marché de producteurs, le château, les villages voisins. La seconde, il a plu. Je me suis d’abord ennuyée, puis j’ai passé mes journées à lire. De tout cela, c’est pourtant la boulangerie que je regrette le plus : le boulanger connaissait mon prénom dès le troisième jour.
On me répond souvent que voyager loin ouvre l’esprit. Je ne donne de leçon à personne : ma sœur s’offre un grand voyage un été sur deux, un ami a tout arrêté, et ils ont sans doute raison. Moi, je pars désormais plus rarement, mais un mois entier. Je ne crois plus que la distance fasse la qualité des vacances.
Cet été, j’ai hésité à essayer une autre vallée. Finalement, je retourne dans la même maison. Ma voisine de bureau, elle, a loué celle d’à côté, et mon chef m’a demandé l’adresse du boulanger.
Texte rédigé pour ce sujet d’exemple, au format d’une chronique de magazine en ligne (2026)
1. Qu’a imaginé le chef de l’auteure en apprenant son projet ?
- A Qu’elle avait des difficultés financières.
- B Qu’elle voulait protéger l’environnement.
- C Qu’elle avait besoin de beaucoup de repos.
2. Dans la décision de l’auteure, l’argent…
- A a compté, mais moins que la fatigue.
- B n’a pas vraiment compté.
- C a compté plus que tout le reste.
3. Qu’a fait l’auteure pendant sa première semaine ?
- A Elle a parcouru les environs à vélo.
- B Elle a passé son temps à lire.
- C Elle a cherché comment occuper ses journées.
4. Qu’est-ce qui manque le plus à l’auteure depuis son retour ?
- A Le marché des producteurs locaux.
- B La boulangerie du village.
- C Les journées de lecture.
5. Pour les voyages lointains, quelle règle l’auteure suit-elle désormais ?
- A Elle en fait un été sur deux.
- B Elle en fait peu, mais de très longs.
- C Elle n’en fait plus du tout.
6. Où l’auteure passera-t-elle ses vacances cet été ?
- A Dans la maison de l’an dernier.
- B Dans une vallée qu’elle ne connaît pas.
- C Dans une maison louée avec une collègue.
Voir le corrigé +
Piège : les trois idées sont dans le texte, mais chacune vient d’une personne différente. L’argent, c’est la voisine de bureau ; la fatigue, c’est Lucie, la stagiaire.
Piège : elle n’avait « pas de dettes », donc sa voisine se trompait sur ses soucis d’argent, mais cela ne veut pas dire que le prix ne comptait pas. Et elle n’était « pas plus fatiguée que d’habitude ».
Piège : l’ennui et la lecture sont bien dans le texte, mais ils appartiennent à la seconde semaine, celle où il a plu.
Piège : le marché et la lecture font partie du séjour, mais « pourtant » annonce que ce n’est pas eux qu’elle regrette le plus.
Piège : un été sur deux, c’est la règle de sa sœur ; ne plus partir du tout, c’est le choix d’un ami. L’auteure dit qu’ils ont « sans doute raison », mais elle a fait un autre choix.
Piège : elle a seulement « hésité » à essayer une autre vallée, et sa voisine de bureau a loué la maison d’à côté, pas la même.